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 Retour sur terre

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Ambre Ardean


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MessageSujet: Retour sur terre    Jeu 9 Juin - 8:18

Spoiler:
 

Mon centre de réadaptation s'apparentait plus à une famille d'accueil qu'à un foyer pour détraqués psychiatriques. D'ailleurs, rien que le quartier m'indiquait qu'ici je ne croiserais pas souvent des siphonnés, quoique cela ne veut rien dire. L'ambulance me déposa au pieds d'un hôtel particulier de cinq étages aux balcons fleuris donnant sur la place Victor Hugo. Des deux côtés de l'avenue, des enseignes mondialement connues se partageait le rez-de-chaussé d'immeubles tous plus splendides les uns que les autres. Je venais d'atterrir dans le beau 16e ou devrais-je dire "116" pour se distinguer du banal 16e ! Les gens d'ici ont le chic pour se distinguer à tous points de vue.

La famille qui m'avait en charge, tel un boulet soudé à leurs pieds, avait fait fortune dans l'édition, dans une maison renommée apparemment, Gachette, ou Hamard, ou peut-être Galichette?... Peu importe seul leur nom me serait utile et encore... Je ne comprenais vraiment pas pourquoi des personnes si sensées venaient à s'encombrer d'un paquet d'ennuis tel que moi. Peut-être n'avaient-ils pas trouver leur B-A de l'année et en tant que riches donateurs d'un centre s'occupant d'adolescents à "gros soucis mentaux" ils avaient trouvé l'idée originale de m'accueillir ?! De toute manière, comme bon nombre de choses, la réponse ne me captivait pas plus que ça, puisque mise à part le faste qu'il pouvait y avoir dans cette nouvelle résidence, ce ne serait qu'un endroit de plus où l'on me traiterait comme une folle en sursis, loin de ma famille.

Ma famille... Jugée encore inapte à prendre soin de moi malgré mon état "transitoire", s'était vu refusée par mes médecins de me confier à eux... Et pour cause, elle avait des problèmes à régler autre que moi, mais tous en rapport avec mon déraillement 15 ans plutôt. Une enfant internée à l'âge de dix ans n'est pas une épreuve facile à encaisser et mes parents ont failli à la tâche. Toutefois, une chose était sûre, un jour, quand je serais devenue assez forte, et je ferai tout pour, je retournerai les voir et ils m'accueilleront comme l'enfant prodige de retour dans son pays natal. Il ne doit pas en être autrement car c'est ce qui me fait avancer aujourd'hui.

***

Je tangue sur les pavés parisiens, mes pieds ne parviennent pas encore à s'habituer à mes chaussures, remises le jour de mon grand départ. Le talon n'est pourtant pas vertigineux, à peine cinq centimètres, mais après avoir passé une éternité avec des chaussons en papier, le moindre contact avec ma plante de pied est perturbant. Tout comme le fait que pour la première fois depuis longtemps, mes cheveux ont été délicatement relevé en un chignon, qui me donne l'occasion d'embrasser la ville qui s'active sous mes yeux. Je m'aventure dans les rues parisiennes, tantôt prudente, tantôt excitée, me repérant en levant le nez pour trouver le chemin qui me conduira à ses immenses pieds !

* J'y suis ! *


Étrangement dès mon arrivée dans ma nouvelle résidence, je n'ai pas pu résister à l'envie de m'y échapper tout de go ! Pour le plaisir de goûter à cette chose nouvelle qui est à ma disposition : le libre arbitre ! Et aujourd'hui, je voulais revoir la tour Eiffel et m'y voilà.

_ Mam'zelle Ambre, pas si vite ! Qué calor ! Vous allez mé tuer à marcher si vite...

Un libre arbitre en demie teinte, car je suis en réalité traquée par ce qu'ils appellent tout simplement une nurse, pour ne pas employer le terme de gardienne pénitentiaire ! Bon, j'exagère très probablement, d'autant qu'elle ne semble pas antipathique aux premiers abords, et qu'elle ne me suit que dans mon propre intérêt. Ou dans celui des passants aussi... Toutefois, cela ne m'empêche pas de lui rétorquer une bonne pique:

_ Je ne vous ai pas invité à me suivre !

Ses yeux s'arrondissent, surprise elle se relève bien droite sur ses deux jambes s'avançant vers moi avec un sourire figée sur le visage. Toujours cette même expression d'illuminée dès que je leur accorde une parole, vraiment c'est pathétique. Et pour effacer ce sourire niais je lui tourne le dos, et replonge dans mon mutisme habituel. Cette situation devra tout ou tard changer, et je dirais même évoluer dans le bon sens si je ne veux pas que ma conditionnelle ne se transforme en aller simple et définitif chez les siphonnés. Mais les personnes qui m'entourent, qu'ils soient proches parents, infirmières ou encore médecins, personne n'a encore compris la seule chose qui pourrait m'aider : qu'ils se taisent et me laissent tranquille ! Mon mal est incurable, je suis la seule à pouvoir m'aider en acceptant le fait qu'Ils existent.

D'ailleurs, à cet instant même une onde m'envahit, un frisson me fait courber le dos jusque dans ma nuque. Une boule de chaleur se forme dans mon ventre et m'envahit de la tête aux pieds au fur et à mesure qu'elle se rapproche de moi. Mes mains ne tremblent pas, mes pensées s'allègent aucun tourments ne m'assaillit. Rien d'effroyable ne se produit, au contraire je m'apaise littéralement. La jeune femme me frôle et continue son chemin sans même me remarquer. Et au fil de ses pas qui l'éloignent de moi, la boule de chaleur diminue d'intensité jusqu'à disparaître complètement.

* Qui était cette jeune femme ? *

Allant contre mes principes, je me retournai sur son passage alertée par cette bouffée d'émotions que l'on pourrait juger de positives. Auparavant, aucun ne m'avait donné une telle impression de plénitude, au contraire Ils étaient si lugubres, sinistres, malveillants que leur simple vue me faisait dérailler, mais pas Elle. Plissant les yeux pour tenter d'apercevoir un visage, qu'elle ne fut pas ma réaction quand elle se mit à irradier de mille feux. Je jetai un regard paniqué autour de moi, pour voir la réaction des passants, mais rien n'arriva, aucun cri, aucune remarque. L'endroit était pourtant bondé de monde, des touristes pour la plupart, mais personne ne s'interrogeait sur cette femme qui se glissait entre eux.

_ Victoria tu as vu cette femme, demandai-je à ma colleuse aux basques tout pointant la femme du doigt.

A la moindre résonance du ton de ma voix, Victoria se remise d'aplomb, bien droite sur ses deux pieds prête à me lancer un salut militaire, ce qui me fit hurler intérieurement de nouveau. Mais aussitôt elle suivit mon doigt du regard, plissant les yeux pour corriger une vue défaillante sans répondre à la bonne réaction. Bien entendu elle ne voyait rien comme tous les badaux du coin.

_ Laquelle, me dit-elle bêtement !

* Celle qui brille comme une luciole dans un sac de noeuds !* voulai-je lui répondre sarcastique.

D'ailleurs, en parlant de noeuds, il y avait vraiment trop de monde et je commençai à étouffer. Je coulai un dernier regard vers ce qui devait n'être qu'une apparition, une projection de mon cerveau, avant de tourner les talons.

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Ambre Ardean


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MessageSujet: Re: Retour sur terre    Jeu 16 Juin - 11:34

Encore irritée par ma réaction aux pieds de la tour Eiffel, je m'exhorter, calfeutrée dans ma cellule, à retrouver un semblant de calme tout en réfléchissant à ce que je venais de vivre. Les sensations que j'avais alors ressenti au contact de cet "Être" avait été tout à fait anormales, car elles se situaient au diapason de l'impression qu'Ils me faisait.

Mais qui était-elle ? Pourquoi la terreur et l'épouvante ne m'avaient-elles pas gagné comme à chaque fois? Cela signifiait-il qu'à l'existence d'Êtres maléfiques venaient s'ajouter d'autres "gentils" ?! Je tournai et retournai cette même question dans ma tête en enchaînant les arguments et les contres d'une telle prise de conscience. Car s'il était possible que de tels Êtres puissent exister pourquoi ne les avais-je pas croisés jusque là ?

Certes, ses dernières années je ne pouvais pas dire que j'avais eu l'âme d'un baroudeur, mais il y avait un entourage qui gravitait autour de moi, psychiatres, thérapeutes, infirmières, professeurs, internes, neurologues... Les Etres dotés d'une aura si resplendissantes ne mettaient pas les pieds dans les asiles ? Car à l'opposé les Autres étaient bien là ! Pas tout le temps, mais il n'était pas rare de sentir derrière les traits d'un psychologue, la présence perfide d'esprits malins.

Ainsi, le mal pourrait se divertir à sa guise, tandis que le bien flânerait nonchalamment dans les rues de Paris ?!

_ Tu te remets à jouer aux gamines pleurnicheuses et capricieuses ! me dis-je à voix haute.

Comme pour changer le fil de mes pensées, je me détournais des motifs répétitifs de ma tapisserie pour me diriger vers la fenêtre. Les images fixes avaient toujours tendance à me faire dériver durant des heures, une manifestation de mon côté siphonné du jonc. En contre-bas je pus contempler la mélasse urbaine agitée par le gong annonçant la fin d'une longue journée de travail et le début des festivités. Les terrasses des cafés étaient suffisamment remplies pour rendre la circulation sur les trottoirs difficiles, tandis que le reste des passants s'engouffrait frénétiquement dans la bouches de métro pour regagner le confort de leur chez soi ou les emmener vers d'autres lieux.

Je dû reconnaître que cette activité de vieille commère à sa fenêtre, scrutant les moindres aléas de la vie citadine, réussissait à me captiver. Je parvenais à bouger mon regard d'un point à un autre tout en pensant à ce que je voyais. Il s'agit sûrement d'une chose banale à faire "réfléchir à ce que je vois" mais ce n'est pas le cas pour tout le monde.

La marée humaine m'apaisait tandis que le soleil, haut dans le ciel, nous gratifiait d'une luminosité me permettant d'avoir une vue resplendissante sur les toits de Paris. Accoudés contre l'encadrement de la fenêtre je voulus respirer l'air printanier, malheureusement, les propriétaires qui étaient également mes tuteurs légaux pour l'instant, avaient trouvé plus que raisonnable d'ôter la poignée aux trois fenêtres qui se trouvaient dans ma cellule.

Voilà pourquoi malgré la tapisserie flambant neuve, le mobilier de goût, la bibliothèque remplie de divers ouvrages, et la mise à disposition d'un lecteur de musique, je ne pouvais voir cet endroit autrement qu'une cellule où l'on avait sécurisé les fenêtres et où la porte ne pouvait se fermer à clé... Car ici comme à l'asile on me prenait pour une personne dangereuse et allumée.

Je ne voulais pas me montrer ingrate dû à un excès de susceptibilité, car j'avais ici plus de liberté qu'au cours de ces 15 dernières années, mais jouir d'une demie-liberté est plutôt frustrant. Ne pas vous prendre en compte en tant que personne à part entière est encore plus vexant même s'ils avaient toutes les raisons de leur côté, car de mon point de vue on voit les choses différemment.

_ Et voilà ! Encore et toujours ! Il faut toujours que je m'éloigne du sujet principal...

Penser à ce que je vois ! Me concentrer sur ce que je vois et rien d'autre ! Un refrain bien simple mais qui m'évitait de sombrer dans l'argumentaire et la sensation d'injustice que je ressentais encore.

Alors que mon cerveau se brancha de nouveau sur mes ondes visuelles, mon corps fut secoué par de violents tremblements. Là ! A seulement quelques mètres en bas, les Autres... Mes mains crispées gagnèrent, sans que je ne puisse plus rien contrôler, ma tête où elles s'agrippèrent violemment à mes cheveux. Elles retrouvèrent leur emplacement habituelle, sentant encore la peau nue, là où les cheveux ne repousseraient plus jamais, avant de commencer à tirer dessus. Ils étaient deux, déambulant l'air de rien dans la rue, au milieu des passants. Je me sentis abattue, terrorisée par ce qu'Ils dégageaient comme un nuage de grillons : opaque, sombre et irrespirable. Puis ma vue se brouilla, un voile rouge remplaça le décor de la ville, rappelant la couleur carmin du sang.

*Ça recommence ! ça recommence! Il faut que je respire !*


M'accroupissant tant bien que mal, tandis que des touffes de cheveux tombaient sur mes épaules, je parvins à me retrouver les genoux repliaient contre ma poitrine, effectuant un mouvement de balancement pour retrouver le calme maintenant que j'avais réussi à m'arracher à leur vue. Petit à petit mon cœur repris un rythme normal, alors j'attendais que mon corps cesse de trembler...
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Ambre Ardean


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MessageSujet: Re: Retour sur terre    Lun 27 Juin - 14:07

Souvent après les crises, je finissais par m'endormir là où j'étais tombée, assommée par le choc traumatique comme si mon cerveau avait jugé utile de faire rebooter la machine plutôt que de la mettre en surchauffe. Dans la majorité des cas, je me retrouvais ficelée pieds et poings liés aux barreaux de mon lit, pour m'empêcher de me mutiler, mais cette fois-ci ce ne fut pas le frottement des bracelets en cuir contre ma peau qui me sorti de mon coma, mais une odeur chocolatée.

_ Querida ! Alors vous allez mieux ?

Ma dévouée geôlière était penchée au-dessus de moi, une tasse fumante dans les mains qu'elle faisait passer sous mon nez. Des veloutes s'en échappaient en direction de mes narines qui frémissaient sous l'odeur tentante du breuvage. Combien d'années n'avais-je pas eu le droit à un bon chocolat chaud, qui plus est au lit ?... Toutefois, mon garde du corps ne semblait pas comprendre ce que mon regard suivait comme un pendule.

_ Oh ma belle, tu es tombée sur la tête ? J'ai entendu "boum" et puis toi par terre ?


Aussi gentille qu'elle puisse être, l'intelligence ne brillait pas à tout les étages en tout cas... Elle avait dû me retrouver par terre, en effet, positionnée tel un fœtus, les bras écorchés par mes ongles, mais elle pensait tout bêtement à une banale chute de... De quoi d'ailleurs? De ma chaise ? Enfin bref, la naïveté à quelques charmes qui pourraient la rendre attachante si l'on cherche la compagnie d'un gentil labrador. Je ne répondis pas, fixant la tasse qu'elle n'avait toujours pas l'intention de me tendre, puisque tout porter à croire qu'elle était pour moi.

M'obstinant dans mon silence pour couper court à toute éventuelle discussion sur mon étrange chute, elle restait là dans l'attente d'une explication de ma part. Mais, alors qu'elle comprit qu'elle ne parviendrait pas à me faire desserrer les dents, elle tira la chaise jusqu'à mon lit et s'y assit. Et puis l'air de rien, elle porta la tasse à ses lèvres soufflant un instant avant d'engloutir mon remède !

_ Pfiou la journée a été longue et avec cette chaleur !

*Je t'entrepris ôte tes chaussures et installe une fesse sur mon lit tant que tu y es*, pensai-je siniquement.

Le reste de la conversation m'échappa totalement, je restais volontairement inattentive à tout ce qu'elle pu dire, préférant la contemplation des toits que j'apercevais depuis ma fenêtre, afin de lui faire comprendre que sa présence n'était pas désirée!

Mais pensez-vous qu'elle aurait compris? Pas du tout, je crus même un instant qu'elle allait réellement ôter ses chaussures tout en me contant les mystères de sa banale vie...

Tout y passa et dans un ordre scrupuleux, n'omettant aucun détail sur son travail, sur ses illustres employeurs, la famille Gachette, qui lui avait fourni au début de son arrivée en France, un toit et un couvert, en passant par l'éducation des six enfants de la famille qu'elle considérait comme ses propres fils et filles. Mais aussi sur la famille qu'elle s'était construit autour d'un époux aimant et attentionné, pour répéter ses dires, très vite agrandit par l'arrivée de ses triplés, pour qui elle avait mouillé sa chemise afin de leur offrir une vie et des études qu'elle n'avait pas eu. Et ainsi, Paul travaillait comme courtier pour une grande compagnie d'assurance, Juan, lui avait fait carrière dans le droit en tant qu'avocat et Siena avait ouvert sa petite boutique de prêt-à-porter. Un tableau idyllique de la parfaite famille qui vit en harmonie.

_ Tu sais tu n'es pas la première que Monsieur et Madame offre l'hébergement, continuait-elle alors que je ne l'écoutais pas, enfin qu'à moitié. Ils ont à cœur de venir en aide à leur prochain tu sais?

*Quelle générosité ! Une bonne façon d'utiliser son argent au profit de son image devant la société*

_ La dernière jeune fille qui occupait votre chambre est partie depuis peu... Ce qu'elle me manque !

Un long silence tomba dans la chambre qui me rendit nerveuse subitement. En effet, cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'elle déblatérait sur sa famille prodigieuse qui me passait au-dessus de la tête, et soudain grand silence. Essayait-elle de pimenter son récit, en y incluant des moments de suspens... Je fis mine de remettre mon oreiller en place pour lui jeter un regard furtif, qu'elle surprit toute contente.

_ L'histoire de Maryline vous intéresse n'est-ce-pas? Je sentis mes joues s'empourprer alors que j'apercevais les prémices de son sourire. Ne vous vexez pas Ambre, il est normal d'être curieuse à votre âge. Et puis regardez c'est un bon départ de vous intéresser à autrui, cela vous donnera l'occasion d'apprendre plus des autres.

Alors là ! Je me pris ce coup bas en pleine figure sans avoir pu éviter quoi que se soit ! Sous ses allures de femme qui n'a pas l'air d'y toucher, elle m'avait bien balader ! Je restai rouge de rage, les bras croisés sur la poitrine, lui montrant ma nuque comme un signe méprisant. Mais contre toute attente elle se mit à rire bruyamment !

_ Ambre, Ambre, Ambre

*oui Sotte, Sotte, Sotte?* dis-je pour moi-même énervée par ses exclamations peu gracieuses.

_ Vous êtes à la fois si grave avec votre mine sombre et en même temps vous paraissez si jeune quand je vous vois prendre la mouche sur une simple remarque !

*Oh je ne savais pas que Madame avait suivi des cours de psycho entre deux biberons*

La conversation superficielle du début avait pris un tournant personnel qui me déplaisait, et je n'entendait pas lui fournir la perche pour qu'elle s'en serve contre moi. Sa distraction ennuyeuse sur l'art et la manière d'élever des enfants et de les porter à épanouissement total ne devait en aucun cas s'adresser à moi. Elle pouvait garder ses remarques pour elle et j'allais m'empresser de lui dire ma façon de penser quand elle se leva de la chaise, et anticipa alors ma réaction.

_ Vous savez mademoiselle Ardean, les ennemis ne sont pas dans cette maison. Mais derrière ces murs protecteurs. Alors profitez de ce lieu pour vous reconstruire avant de devoir affronter le pire. Ne cherchez pas les ennuis avec ceux qui ne vous veulent que du bien. Vous aurez suffisamment de temps à consacrer à vos répliques cinglantes avec ceux et celles qui les chercheront. Le dîner sera prêt dans une heure, je compte sur vous pour vous apprêter un minimum; Madame et Monsieur ont grande hâte de s'entretenir avec vous sur votre avenir dans leur maison.


En un instant la "nounou niaise" avait disparu, rien, que se soit dans ses paroles, dans l'intonation de sa voix ou même dans l'expression de son regard n'avait en commun l'attitude qui avait été la sienne dès notre première rencontre. Je demeurai hébétée, les yeux ronds comme des bulles, tous mots me manquants, en la regardant quitter la pièce d'un air entendu.

_ Je suis sciée, dis-je pour la première fois depuis des heures de silence.
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